Au
17ème siècle, une vague de sondage réalisée au sud de la Sierra Norte
met au jour un important gisement houiller dans les environs de la
petite ville de Villanueva del Rio. Peu étendu, ce bassin entre en
production dès 1618 lorsque Don Fernando de Hallo fut nommé
administrateur des mines par l'archevêché de Séville en vue
d'approvisionner en charbon les forgerons de la région. Plusieurs actes
de concession furent délivrés au cours du 18ème siècle, notamment entre
1771 et 1789 lorsque la Real
Compañía de Minas de Villanueva développa ses
exploitations afin de pérenniser l'activité sidérurgique de la province
de Séville.
Ses principaux clients sont :
- l'Atelier royal d'artillerie de Séville,
- la fonderie royale de bronze,
- les hauts fourneaux et usines de fer d'El Pedroso.
En 1816, les différents sièges actifs du bassin passent entre les mains
de la Compañía de
Navegación del Guadalquivir y Canal Fernandino dont les
droits d'exploitation furent acquis en 1858 par le Crédit Mobilier, une
société banquière à capitaux français. Trois puits, rassemblés sous le
nom de "minas de la
Reunión" sont alors actifs et, en l'espace de quelques
années, un nouveau village vit le jour sous le nom de Villanueva de las
Minas. Le charbon est alors transporté à dos de mule jusqu'au
Guadalquivir avant d'être acheminé par barges jusqu'à Séville mais, en
1882, tout change avec le rachat du bassin par la Compañía de los
Ferrocarriles de Madrid a Zaragoza y Alicante (MZA). C'est
sous cette société que la région connu son plus grand essor grâce à la
construction d'importantes liaisons ferroviaires ainsi qu'à la création
de nouveaux sièges dont le puits N°5 qui entre en production en 1898
ainsi que les puits N°6 et N°7 dont le fonçage débuta à l'aube du 20ème
siècle. La production passe dès lors de 3.500 tonnes à plus de 200.000
tonnes de charbon par an.
Le 28 avril 1904, un coup de grisou provoque un effondrement majeur
dans les chantiers du puits N°5 et tue 64 mineurs dont Francisco Nieto
Venegas qui n'était âgé que de 15ans. Le coût exorbitant des
funérailles ne permit à la ville que d'enterrer individuellement 10
personnes, les 54 autres étant ensevelis dans une fosse commune. Un an
plus tard, la compagnie fit construire le cimetière de Santa Barbara où
fut offerte une sépulture décente à l'ensemble ouvriers. L'impact de
cette catastrophe, la plus importante de l'histoire espagnole,
traumatisa l'ensemble de la population et déclencha une grève générale
qui dura du 3 au 28mai 1904. Peu après cette tragédie, la compagnie
décide de restructurer ses différents sièges et, en 1908, seuls trois
d'entre eux sur onze sont encore actifs. Les puits N°4 et N°7 sont
désormais destinés à la ventilation et au transport du personnel tandis
que le N°5 devient un siège de concentration. À ce titre, ses
installations sont modernisées et un important lavoir est construit à
proximité. En 1922, le chevalement fut équipé d'une nouvelle machine
d'extraction à vapeur fabriquée par la société bruxelloise Bollinckx.
Le 22 décembre 1944, l'État décide de fusionner les villages de
Villanueva del Rio et de Villanueva de las Minas sous le nom de
Villanueva del Rio y Minas. Son complexe urbain constitue l'un des
programmes de logements ouvriers les plus importants d'Andalousie et la
compagnie y exerçait un contrôle absolu. Cependant, la nationalisation
de cette dernière la rend désormais dépendante de la Red nacional de los
ferrocarriles españoles qui géra la mine avec un
désintérêt croissant jusqu'à sa fermeture en 1972. En 1973, une
entreprise privée tenta d'exploiter la houille à ciel ouvert mais
essuya un échec cuisant. Remplie d'eau, cette cavité connue sous le nom
de Lago del Mirador est actuellement utilisée comme réservoir. Le siège
N°5 est aujourd'hui visitable sur demande et est toujours équipé de sa
splendide machine.