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Espagne - Province d'Almeria

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Quien Tal Pensara Los Tres Pacos Lucainéna de las Torres
Bédar


Les mines de Bédar



Les premières traces écrites d'une extraction minière dans la région de Bédar datent de 1525, année de l'octroi d'une concession à Lorenzo Galíndez Carvajal pour l'exploitation d'une mine de fer près de la Serena, une petite localité située aux pieds de la Sierra de los Filabres. L'activité minière débuta de manière extrêmement sommaire grâce à de petites excavations à flanc de coteaux mais ces dernières s'agrandirent et se propagèrent dans la montagne au point d'atteindre les 115 exploitations de minerai ferreux en 1846. Cet incroyable essor fini par attirer des capitaux étrangers et des sociétés plus importantes commencèrent à s'implanter au sein de la Sierra comme la Compañía Martinete ainsi que la Compañía Mulata. Le manque de moyens de transport adéquat rendait cependant inutile toutes tentatives d'extraction à grande échelle mais, en 1888, la Sociedad de explotación de minas de hierro de Bédar, filiale de la Compañía de Águilas, entama la construction d'un immense téléphérique entre la Serena et Garrucha, situé sur la côte méditerranéenne. Il s'agit à l'époque du plus long système de transport aérien câblé d'Espagne et le deuxième d'Europe.  Les travaux dans cette zone s'étendirent sur plusieurs concessions minières, les plus importantes étant celles de San Manuel, Porfiado, Jupiter et Mahoma, toutes reliées aux mines de Santa Catalina et de la Higuera.
Dans le même temps, le vice-consul britannique à Garrucha, Clifton Pecket, informa l'industriel biscayen Víctor Chávarri y Salazar du développement minier dans la région et c'est ainsi qu'un projet de construction d'une voie ferrée vis le jour à Bédar. L'ouverture de cette ligne dans la Sierra entraîna un afflux très important d'ouvriers et fut surnommée dans la région "l'invasion biscayenne". L'obtention de plusieurs mines par Víctor Chávarri y Salazar aboutira plus tard à la création de deux sociétés à capitaux britanniques et basques :

- la sociedad Chávarri Lécoq y Cía,
- la sociedad Vizcaína de Bédar.

Deux exploitations se démarquent particulièrement, la Gracia et la Unión de Tres Amigos dont un important quai de chargement était relié à deux embranchements distincts. L'un partait de la mine Santa Catalina située près de la Serena et un autre près de la mine de la Mulata à Bédar. La mise en place de ces moyens de transport déclencha une vague de demande de concession dans la région et permis aux plus petites entreprises comme la sociedad Ureña y Trinidad d'exploiter elles aussi les mines de fer. L'approfondissement des chantiers mena rapidement à la découverte de nouveaux gisements en pente qui nécessitaient des excavations de plus en plus importantes. C'est ainsi que furent fonçés les premiers puits verticaux. S'étendant du nord-ouest de la sierra jusqu'à la concession Mahoma, située à l'ouest, ces puits étaient généralement désignés par des lettres.

La première guerre mondiale met à l'arrêt une grande partie de l'activité minière dans la région. Dans le but de sauver de la faillite les plus grandes entreprises, la Sociedad de explotación de minas de hierro de Bédar fusionna avec les mines liées à Chávarri pour former la Sociedad Civil Minera de la Unión Bedareña qui créa, une fois la paix revenue, le très important siège de Pobreza qui se situait sur le versant sud du ravin de Servalico. Le gisement à cet endroit comportait une surface de 400 mètres sur 300 mètres et possédait une épaisseur comprise entre 12 et 14 mètres. Exploitée intensivement, cette mine fut reliée à la branche ferroviaire de Santa Catalina au moyen d'un plan incliné automoteur qui remontait le minerai jusqu'à un dépôt de chargement doté de huit portes à côté du tracé de la voie ferrée. Hélas, malgré de gros investissements, l'exploitation minière de la Sierra fut une nouvelle fois mises à l'arrêt durant la crise des années vingt. En attendant une amélioration, les différentes sociétés se lancèrent dans une vague de prospection et de consolidation de leurs actifs, notamment à Mazarrón où la Compañía de Águilas détient plusieurs exploitations. En 1952, la Sociedad Hierros de Garrucha, filiale de Duro Felguera, relança l'exploitation minière à Bédar. Cependant, les pillages et le mauvais état général des installations mirent progressivement fin à l'intérêt minier dans la région et c'est en 1970 que les extractions cessèrent définitivement à cet endroit. Aujourd'hui, il reste énormément de petits vestiges dans la Sierra de los Filabres et des chemins de randonnées permettent de les visiter. Hélas, l'un des vestiges les plus importants de la zone, le chevalement du puits P Mahoma, s'est malheureusement effondré en 2026, quelques semaines avant ma visite.

      Reportage sur les vestiges des mines de Bédar situés dans la sierr de los Filabres.

Copyright (c) / Photos by Nicolas Elias, Xavier Fer & Laura Dambremont